Accueil Le Caribou en Vercors.

   

Edition du 8 mai 2007

un extrait du site des Soeurs sur les ressourcement

http://spi.paname.free.fr/

 

 

Les Ressourcements

 

 

 

1993-2007

40 séjours – 900 personnes.

Vous pouvez nous aider à continuer

de faire vivre les Ressourcements.

« Elles jouent la vie contre la maladie. Contre la mort. Contre l’ignorance. Contre l’homophobie. Pour la prévention. Pour la dérision et pour l’amour, toujours. Juchées sur leurs talons aiguilles pointure 43, elles ont choisi la dérision. Elles se disent pédés ou folles puisqu’il faut se définir. Mais surtout pas homosexuels, parce que ça pue la honte et le tiroir médical.

 

Il y a dix ans, je croisais la route des Sœurs de la Perpétuelle Indulgence. Pendant quatre mois, à l’occasion d’une enquête pour Libération. Une immersion, un choc. Je trouvais remarquable leur travail de prévention. Essentiels, leurs happenings pour la visibilité homosexuelle et contre l’homophobie. Et puis je découvris les ressourcements.

 

Cette bouée de sauvetage pour les malades du sida, les militants et leurs familles. Une poignée de jours gagnés sur la morosité, deux à trois fois par an, comme au Caribou près de Grenoble, à la Fontaine-aux-loups en Seine-et-Marne ou à Buoux dans le Lubéron.

 

Un ailleurs où la parole est libre, où l’on peut dire sa peine ou sa colère… la gueuler, au besoin. Bref, larguer les amarres, se faire cajoler, rire et danser… vivre, décomplexé. Moments volés sur la destinée. Précieux, tout simplement. »

Laurent Catherine – Libération du 21/27 janvier 1995

Solidays 2005

Qui sommes-nous ?

 Sœur Adrénaline – Solidays 2006

Le Couvent est le nom que nous donnons à notre Association loi 1901. Ce n'est ni un lieu, ni une secte ! Si vous cherchez un ravissant bâtiment en pierres de taille ou un gourou travesti, vous vous trompez ! Nous sommes une association de visibilité homosexuelle et de lutte contre le sida.

Pourquoi nous habillons-nous comme des Sœurs ?

Le glamour, chéri, le glamour ! Non, sérieusement vous croyez que vous seriez en train de nous lire si nous étions habillées comme vous ? L'habit est un moyen presque aussi sûr que nos goûts vestimentaires d'attirer l'attention, de susciter la curiosité et ainsi, de faciliter le dialogue. C’est aussi un baromètre de tolérance : « Regarde moi : je suis le miroir de ta tolérance ». Les nonnes symbolisent dans l'inconscient collectif la spiritualité et la charité : nous veillons sur notre communauté avec amour et travaillons pour lui venir en aide. Nous utilisons l'image des sœurs de façon festive et théâtralisée, cependant nous respectons les croyances de chacun et ne souhaitons pas choquer gratuitement.

Sœur Ursita – Solidays 2006

Élévation de Novice Mystrah – Septembre 2006

 

Comment devient-on sœur ?

La personne souhaitant devenir Sœur, quel que soit son sexe, écrit une lettre au Couvent le plus proche de son lieu d’habitation. Elle doit y expliquer les raisons de désir d’engagement, ce qu’elle pense apporter à l’association et ce que les Sœurs peuvent lui apporter. Elle est d'abord postulante accompagnée d'une marraine qui l'aidera tout au long de son apprentissage. Ensuite, elle est élevée Novice, puit devient sœur au terme de son parcours initiatique, qui peut être long ou court selon l’individu.

Couvent Originel de San Francisco – 1979

Quelle est notre histoire ?

Le premier Couvent des Sœurs de la Perpétuelle Indulgence a été créé le 15 avril 1979 à San Francisco, les Sœurs étaient donc aux premières loges pour découvrir l'ampleur de l'épidémie de sida dans le milieu gay : nous sommes d'ailleurs la première association au monde à avoir organisé une soirée au profit de la lutte contre le sida, et à avoir édité une brochure de prévention : « Play Fair ». Depuis, des Couvents se sont inspirés de leur expérience pour se créer à travers le monde. En 1991, le premier Couvent de Sœurs s'est ouvert en France.

Qu'est-ce que l'Ordre de la Perpétuelle Indulgence ?

L'Ordre de la Perpétuelle Indulgence est un ordre international qui regroupe de façon spirituelle des Couvents de nombreux pays (France, Allemagne, Grande-Bretagne, Suisse, Australie, Nouvelle Zélande, U.S.A., Colombie, Uruguay, Irlande du Nord, Écosse). Les associations sont indépendantes les unes des autres, mais partagent globalement le même esprit et les mêmes objectifs.

 

Les Ressourcements : Pourquoi ? Comment ? Quand ?

 

Sœur Sidarta – Photo d’Olivier Touron

 

« La question du SIDA ne peut pas être plus longtemps confinée comme une question médicale. »

(Daniel DEFERT, fondateur de AIDES).

 

C’est en application de ce principe que s’orientent les séjours de ressourcement, non médicalisés, où les Sœurs de la Perpétuelle Indulgence accueillent deux ou trois semaines par an depuis 1993, une soixantaine de personnes concernées par le VIH.

Les Sœurs de la Perpétuelle Indulgence, tout au long de l’année, oeuvrent au travers de spectacles et d’actions diverses, seules ou en partenariat pour la lutte contre le Sida, l’acceptation des différences. Depuis 1993, les Sœurs organisent et encadrent des séjours dits de ressourcement dans le cadre de leur vœu de lutte contre le Sida.

Vous avez le pouvoir, dès maintenant, d’être les acteurs de la lutte contre le SIDA en soutenant notre travail d’aide directe aux personnes concernées par le VIH. Depuis plus de 14 ans en France, les folles radicales que nous sommes, les Sœurs de la Perpétuelle Indulgence, avons accueilli environ 900 personnes lors de 40 séjours. Ces personnes venues de tous horizons, sont directement ou indirectement touchées par le VIH et viennent se ressourcer pendant ces séjours organisés et encadrés par les Sœurs.

Ils sont Hommes, Femmes, Enfants, Hétéros, Gays, Lesbiennes, Bisexuels, Transexuels, Toxicomanes…

 

Attentives à chacun, notre rôle est de permettre la cohabitation de la diversité et de la richesse humaine pendant la durée du séjour et aussi que chacun découvre, au-delà des images projetées sur l’autre, combien cet autre quel qu’il soit est digne d’attention, de respect et d’amour.

Corrençon - Décembre 1999

Corrençon - Mai 2006

Dans la follitude et la bonne humeur, les Sœurs sont à l’écoute des ressourcées. Au travers d’ateliers variés : randonnées, relaxation, massage, soins du visage, peinturlure, sauna, soirées festives, expression corporelle, temps de paroles, écriture, etc., les ressourcés sont amenés à poser leurs maux, leurs angoisses face à la maladie, la mort et plus encore leurs espoirs et leurs joies afin de continuer leur lutte quotidienne contre le SIDA après leur séjour. C’est parfois l’occasion pour certains de trouver des clés pour se réinsérer socialement.

Chacun voit en nous ce qu’il veut y voir. Notre désir est de faire de nos personnages de Sœur un outil de communication, d’amusement, de construction, d’ouverture et de mieux-être au cours de ces séjours.

Nous sommes très attentives au confort, à la beauté des lieux parce que c’est tout simplement important. Nous veillons à ce que chacun ait la possibilité de faire librement SON ressourcement.

Nous sommes également particulièrement attentives à la qualité nutritionnelle et gustative des nourritures terrestres proposées. Les menus «régionaux » et « originaux » participent au plaisir, au partage, aux retrouvailles avec la vie et ses doux plaisirs (Salade folle au foie gras, Tartiflette, Ravioles, Fromage blanc au miel, Crumble aux Airelles…) et, au passage, quelques kilos en plus, ne sont souvent pas superflus.

Sidarta – Promenade dominicale neigeuse - Corrençon 2005

Pour certains, il s’agit de vacances, pour d’autres, d’un espace pour passer de la survivance à la vie. Certains se reposent, reprennent du poids, d’autres disent ou font ce qu’ils n’avaient jamais osé dire ou réussi à faire.

 

Fidèles autant que possible à nos vœux et nos idéaux, nous nous mettons à la disposition des ressourcés, non pas au-dessus, ni à distance, mais en empathie avec eux, pour que le rire et le bonheur du partage arrosent les Sœurs.

Les lieux qui nous ouvrent leurs portes (hôtels ou centres de séjours) vont bien au-delà d’un rapport commercial, puisqu’accueillir de tels séjours n’est pas anodin. Les prestations offertes dépassent largement le cadre de ce qu’elles proposent habituellement à un prix défiant toute concurrence. Ces lieux mettent à notre disposition sauna, bibliothèque, salles pour les ateliers et spectacles.

 

C’est une forme innovante et nécessaire de soutien puisqu’aucune autre structure en France ne propose de tels séjours.

Vu du Caribou le matin - Décembre 2005

 

Sœur Thylège et Sœur Marie-Anale

Parce que la joie et l’amour peuvent déplacer des montagnes.

 

Parce qu’être attentif les uns aux autres, jouer, partager, se regarder, est vraiment nourrissant.

 

Parce que notre follitude ouvre des portes, ces séjours sont chaque fois et pour tous, comme en témoignent les évaluations écrites en fin de séjours, d’intenses moments d’humanité qui portent très souvent leurs fruits dans le quotidien des ressourcés qui nous ont rencontré.

Le Caribou Mai 1999

Combien ça coûte ?

Budget prévisionnel 2007 pour 2 séjours

Mai et Décembre 2007

Dépenses

 

Recettes

 

Location de la structure hôtelière en pension complète

18 050

Ressources des différents couvents (prévisions)

6 920

Déplacement des Sœurs

2 000

Fonds à trouver

15 330

Assurances

200

 

 

Fournitures

2 000

 

 

Mise à disposition de personnel bénévole

70 000

Bénévolat et Don en nature

70 000

Total

92 250

Total

92 250

Sœur Cyhère - Marché de Villars de Lans – 2006

Le couvent n’est constitué que de bénévoles.

Les costumes et le maquillage sont toujours à la charge de la Sœur.

Le Couvent ne finance aucune dépense liée à nos personnages.

Rapport d’activités du Couvent en 2006

Sœur Cyhère – Organisation 2005

Activités

Temps (en heures)

Présence en Ressourcement

3 936

27 sorties de prévention et visibilité

1 178

Rendez-vous entre sœurs

870

Téléphone

237

Chapitre mensuel (réunion)

210

Téléphone Inter-couvent

168

Préparation d’action

140

Administratif du couvent

100

Réunion Inter-couvent

98

Mise à jour du site Web

94

Préparation des spectacles

93

Fabrications monastiques

50

Archivage

36

Préparation des ressourcements

30

A.G.O. et A.G.E.

30

Total des activités menées par 12 personnes en 2006 :

7 296 heures soit 304 jours pleins

Télécharger le formulaire de don

M’sieurs Dames, j’ai sué sang et eau.

Ce n’est pas Dieu possible de se donner à fond comme ça. Vous ne voyez donc pas que je suis au bout du rouleau, non ? Vous ne vous rendez pas compte que j’en peux littéralement plus ?

 

Bon d’accord. Alors j’explique.

 

A plusieurs reprises, j’ai donné des capotes à des gens.

Que voulez-vous savoir ?

Combien et à qui?

 

Est-ce qu’une seule capote donnée à une seule personne qui continue à être vivante (et en bonne santé) n’est pas suffisante pour vous?

 

Quelle est l’unité de mesure de l’efficacité en ce domaine?

Je ne sais pas, mais je pense avoir bien fait.

Il me semble que si nous devions quantifier malgré tout cela, il faudrait dire que ça correspond à 1 000 ans de SMIC (non pas jeune) et à 10 000 ans de bonheur gagnés sur un avenir qui nous paraît un peu gris.

 

Comptons les capotes, comptons les heures, d’accord. Mais alors comptons les sourires aussi.

 

L’un d’eux ne suffit-il pas à nous donner envie de continuer, à vous donner envie de nous aider ?

 

Comptons les verres trinqués, comptons les talons niqués, comptons les pièces à nos robes, comptons les kilomètres parcourus à pieds, à vélo, à skis, à poney, à voile et à vapeur.

 

Comptons le temps qui nous est compté. Et comptez, M’sieur Dame, les T4 de ceux qui viendront crever devant vos portes.

L’Amour ne se mesure pas. Pardon d’avoir eu la prétention d’y mettre une notion de valeur. Pardon de l’avoir méprisé aussi. Je peux bien vous le dire, maintenant, je vous aime malgré tout, M’sieur Dame. Mais j’aime mes Sœurs (et mes Frères ?) plus encore.

Sœur Marie Janine du Rêve suspendu (1993)

Corrençon – Décembre 2005 - Messe

Les Sœurs veillent sur vous avec Amour, Joie et Paix.

 Les vœux prononcés par chaque sœur :

Amour

Joie et Fête

Solidarité

Droit à la différence

Information et Prévention sida

Droit et Devoir de Mémoire

 

Carcan – Ressourcement d’Octobre 1997

1ère fois à la mer…

 

« Les ressourcements ont été pour moi un choc. J’avais accepté d’animer un atelier photographique sur « l’image de soi ». Plus que toute autre maladie le sida altère le rapport au corps et à la beauté. Il transforme l’identité. J’y ai vu des élans de vie, des cris de joie et des crises de larmes… de l’amour, des paroles vraies et libres, de la tendresse enfin. Ils sont pour tous ceux qui y participent l’occasion de réapprendre à vivre.

Y compris quand on est photographe. »

Olivier Touron – « Les Sœurs de la Perpétuelle Indulgence »

Editions Alternatives – ISBN : 2 86227 469 0

 Merci !!!